Suggestion de recherche

La mondialisation dans les relations internationales

La mondialisation se manifeste par une croissance forte des marchés financiers notamment dans leur dimension spéculative.

La mondialisation dans les relations internationales

La mondialisation n’est pas un phénomène nouveau car elle existe depuis le XVè siècle. Elle se manifeste par une croissance forte des marchés financiers notamment dans leur dimension spéculative. 

Elle se manifeste aussi par une progression rapide des épidémies aussi bien humaines (sida) qu’animales (grippe aviaire).
On a un épuisement des richesses naturelles telles que l’eau que l’on croyait inépuisable. 
On a un caractère multiforme de cette mondialisation.
Ce qui semble nouveau aujourd’hui, c’est la croissance des échanges économiques et des moyens de communication (NTIC).
Ces avancées rendent le monde plus exigu et accentuent l’interdépendance des Etats. 
C’est dans la mondialisation politique que les problèmes sociaux se retrouvent à l’échelle mondiale.
La mondialisation culturelle et économique porte en elle des défis tels que la croissance des clivages et des inégalités. 


A) La mondialisation économique 

La généralisation de l’économie de marché et le triomphe du capitalisme sont l’expression des mutations majeures de l’économie internationale.
La loi du marché est devenue la règle en organisation économique tant au niveau national qu’international. 
Cette évolution se traduit par l’homogénéisation des économies.
L’ex URSS s’est ouverte à cette loi du marché ainsi que les pays du tiers monde qui subissent cette homogénéisation économique au moyen du FMI (Fond monétaire international). 


Toute la planète est sous l’empire de l’économie de marché.
Des dogmes économiques émergent et constituent des recettes partout appliquées : une politique économique nationale stable, une rigueur budgétaire avec la maîtrise de l’inflation, une monnaie internationale, un budget proche de l’équilibre, la valorisation de l’initiative individuelle en matière économique est valorisée et une recherche du profit dans un environnement juridique peu réglementé. 
Il résulte une déréglementation généralisée de l’ordre marchand.
La conséquence est l’émergence d’un nouveau pouvoir économique partagé entre quelques acteurs à l’échelle mondiale : les firmes multinationales, les gestionnaires de fond de pensions… Toutes ces puissances financières peuvent faire obstacle aux politiques des Etats. 


Le XIXè siècle est une période marquée par une globalisation financière, centrée sur la circulation des capitaux.
Dès cette époque, des groupes économiques (les holdings) orientaient l’action des diplomaties notamment dans leur aventure coloniale.
Ils soutenaient le parti colonial tout en ayant une autonomie d’action par rapport aux Etats, c'est à dire qu’ils poursuivaient leurs propres intérêts qui souvent ne recoupaient pas l’intérêt national.
En 1913, sur 45 milliards de francs placés à l’étranger, seuls 3 milliards étaient placés dans l’empire colonial contre 13 milliards en emprunts russes.
Ce phénomène des groupes économiques dominant la politique n’est pas nouveau. 


La mondialisation se manifeste par l’institutionnalisation des règles de libre échange (OMC en 1994).
On a des zones régionales économiques plus ou moins intégrées.
L’UEM dans le cadre de l’Union Européenne a instauré l’euro comme monnaie unique. Avant 1999, on a eu le marché commun en 1993, l’union douanière aussi. Une autre union douanière est celle de 1991 : le MERCOSUR en Amérique du sud. Aussi, on a la ELE en 1960, l’ALENA en 1992 ou encore l’ASEAN. 
Il faut s’unir face à ce nouveau défi qui est la mondialisation.
Avant 1989, l’Union Européenne d’était construite pour faire face au communisme. Aujourd’hui, son but est de réagir à la mondialisation.
Elle coopère dans le domaine économique communautaire pour mieux faire face à la mondialisation au niveau international.
 


On a aussi la montée du pouvoir économique des collectivités territoriales qui est une tendance lourde selon les experts de la banque mondiale. 
Quel est l’état des lieux de la mondialisation actuelle ?
On remarque les Etats-Unis ont une baisse de leur taux de croissance depuis 1973, qui est tout de même moins forte que celle de l’Europe.
La monnaie internationale qu’est le dollar permet aux Etats-Unis de garder leur leadership politique, économique, technologique, financier et militaire. 


L’autre constat est que les pays qui disposent d’importantes ressources naturelles ont connu ou connaissent de grave crise politique interne alors que d’autres pays qui ne disposent pas de telles ressources ont connus des progrès économiques comme la Corée ou taiwan. 
Aussi, les pays qui ont fermé leurs frontières ou qui ont pratiqués une politique d’autarcie s’en sont mal tirés : c’est le cas de l’URSS ou de la Corée du nord.
D’un autre côté, les pays qui se sont trop vite ouverts à la mondialisation ont connu une grave crise d’Etat et ont été mis sous perfusion du FMI : c’est le cas de l’Argentine.
 


Les pays qui ont évité le tout marché et qui ont réussi à se préserver du dictat du FMI ont réussi à avoir un fort taux de croissance : on a l’exemple de la Chine qui a eu un taux de croissance de 7,9% entre 1989 et 2000.
Le succès de la chine s’explique par la régulation de l’Etat.
L’Asie maritime a eu un taux de croissance de 4,9% entre 1989 et 2000 et ce malgré la crise du marché asiatique. 
Il semble au final que ce n’est pas tant la mondialisation qui pose problème mais l’insuffisance voire l’absence de régulation de l’économie mondialisée.
Autrement dit la mondialisation est un processus irréversible : on ne peut la supprimer mais seulement la maîtriser. 
Les Etats qui réussissent le mieux sont ceux qui régulent de fait l’économie mondialisée dont les Etats-Unis et ceux qui ne se soumettent pas au tout marché : la Corée du sud ou encore le Japon qui ont su réguler cette mondialisation.
 


On verra que la Chine en 1978 développe le concept de socialisme de marché. 
On relève aussi que la mondialisation ne garantit certes pas la croissance mais elle ne l’empêche pas non plus (cas de la chine ou de la Corée du sud).
Elle peut favoriser la croissance si l’on demeure maître du jeu économique, un jeu économique dominé par une diffusion des capitaux, une opportunité de débouchés. La régulation efficace peut favoriser la croissance avec une action forte des Etats (cas de la Chine). 
La fermeture sur soi est pire que l’insertion dans l’économie mondiale.
Cette économie de marché qui véhicule la mondialisation économique s’accompagne d’une démocratie de marche.
Autrement dit, l’économie mondialisée n’affecte pas seulement la sphère marchande : elle atteint également les rapports sociaux ce qui provoque d’intenses débats comme celui de la pensée unique née de la logique générale diffusée à travers le monde et manifestée avec la mondialisation.
 


Les lois économiques tendent à l’uniformisation des sociétés. Par exemple, le Japon durant l’ère Meiji s’occidentalise : sa réussite est due au fait qu’il a adopté le mode occidental. 
Cette mondialisation tend à diffuser l’économie de marché voire la démocratie de marché.
Autrement, les Etats non démocratiques qui acceptent l’économie de marché sont contraints un jour ou l’autre à adopter la démocratie de marché voire la démocratie politique fondée sur la propriété privée.
La Chine a adopté le socialisme de marché, ce qui montre la difficulté de séparer les termes économies de marché et démocratie de marché, d’où l’utilisation du mot socialisme. 


La Chine a intégré l’OMC : on a une coopération chinoise au niveau international. A terme, la Chine va devoir adopter la démocratie de marché puis la démocratie politique.


Cette mondialisation diffuse les valeurs occidentales et universalise les concepts d’Etat démocratique et des droits de l’homme.
Elle participe à l’occidentalisation du monde initiée dès la fin du XIXè siècle et qui prend la forme actuelle de la démocratie de marché.
La mondialisation économique est ainsi complétée par une mondialisation politique.
 

B) La mondialisation politique 

On a une volonté d’universaliser la démocratie politique et les droits de l’homme.

1) Démocratie politique et droits de l’homme 

Les droits de l’homme sont l’influence conjuguée de politique étatiques, d’organisations internationales ou d’ONG et sont devenus les talons de mesure des politiques des Etats.
Le respect des droits civils et politiques va souvent de pair avec l’extension de la démocratie politique.   
L’exemple de ces progrès démocratiques sont les PECO qui ont intégrés l’Union Européenne depuis mai 2004 : une des conditions pour adhérer à l’union est le fait de devoir être un pays démocratique. 
Il demeure des régimes autoritaires dont la Chine, la Corée du nord, cuba où la priorité est donnée aux droits économiques et sociaux plutôt qu’aux droits civils et politique. Cependant, on ne peut dissocier les deux types de droits. 


On a un échec dans ces pays du développementalisme qui l’idée que les nécessités économiques font que l’on peut s’autoriser des régimes plus ou moins autoritaire : économie d’abord, démocratie après.
Le malheur est que ces pays n’ont connu ni développement ni démocratie.
Pourtant l’idée était séduisante, en effet le premier impératif pour tout peuple est la survie.
Le développementalisme a une idée réductrice : certes la démocratie en occident n’a pu être atteinte qu’une fois atteint un seuil économique mais cette évolution se marque dans un cadre culturel propre à l’occident marqué par un idéal de liberté. Autrement dit, il semble que la liberté politique et sociale a précédée l’économie. Ainsi, la grande charte des droits en Grande Bretagne a précédé le capitalisme. 
Le développement est un tout : on ne peut dissocier économie et société.
C’est ce qui explique l’échec du développementalisme. 


Une démocratie est basée sur deux piliers : elle nécessite la figure du citoyen (pas de démocratie sans citoyen) et elle nécessite un espace public, un espace de « vivre ensemble » reconnu et accepté.
Ces deux impératifs forgés par l’occident peuvent-ils être transposables ailleurs ? 
Certains auteurs ont montrés l’impossibilité démocratique des autres pays (Afrique, orient).
Si on adopte l’idée que ces deux impératifs se fondent sur un donné humain universel, il semble donc que chaque Etat peut reformuler, en fonction de son histoire et de sa culture, ces impératifs sans se renier. 
Selon Renan, chaque société est structurée par des valeurs qui la font vivre.
En Afrique, on avait une citée africaine anté-coloniale fondée elle aussi sur un principe de participation et de délibération.
De même, une citée organisant à sa manière la séparation des pouvoirs.
 


Autrement dit, dans cette société africaine on avait des mécanismes de surveillance et de rééquilibrage des pouvoirs. 
Il faudrait un renouvellement des valeurs, c'est à dire d’une part penser la modernité à partir de sa tradition, c'est à dire faire l’inventaire de ces valeurs traditionnelles et d’autre part il faut penser la démocratie comme éducation du peuple ou démopédie pour former et le citoyen et l’espace public.
On a plusieurs ouvrages dont Et si l’Afrique refusait le développement ? 
Il faut repenser les institutions : l’importance du pluralisme comme technique d’éducation à la tolérance et également un Etat impartial et non un Etat patrimonial ou comme gisement alimentaire selon l’expression de Mbembe dans la pensée africaine de A Ndaw. 


L’invention de la démocratie sur le continent africain peut exister pour peu que l’Afrique maintienne sa vitalité spirituelle et celle de la communauté, évitant ainsi les excès de l’individualisme démocratie. 
On ne peut dissocier économie et société.
Sur la scène internationale, l’évolution se manifeste par le développement d’un politique de démocratisions menée par les Etats de traditions démocratie et également par les organismes internationaux comme l’ONU, l’Union Européenne, l’OSCE avec l’appui d’ONG spécialisé comme Amnesty international.
 


Pour ceci, on met en place un contrôle des élections, une éducation civique, une formation du personnel politique une assistance technique.
Il s’agit de conjuguer les principes divergents : la possibilité pour chaque Etat de choisir son régime politique et la promotion de la démocratie politique par les Etat qui se considèrent comme investit de cette mission universelle, cela fait suite à la mission civilisatrice de la période coloniale. 


Cette colonisation permet de passer l’âge métaphysique où l’activité principale est la guerre à l’âge scientifique où l’activité humaine principale devient l’exploitation de la nature.
Certains auteurs s’opposaient à l’uniformisation du mode occidental dont Max Weber.
On veut fonder l’empire colonial et justifier la mission civilisatrice de l’occident.
L’auteur du livre de la jungle a qualifié la colonisation comme étant « le fardeau de l’homme blanc ».
Aussi, Jules Ferry évoque en 1885 le devoir des races supérieures sur les races inférieures. 
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La mission actuelle vise à faire émerger un droit à la gouvernance démocratique qui doit faire émerger le droit à l’ingérence démocratique automatique afin de pouvoir imposer la démocratie dans certains cas (Irak).
Cela fait reconnaître un droit d’ingérence humanitaire : l’action d’ONG dans certains Etats qui vise à protéger l’individu et non pas l’Etat. 
On a la création d’une justice pénale internationale en 1998 et la volonté aussi d’appliquer les ONG pour en faire des instruments de contrôle de contre-pouvoir. L’autre aspect de cette mondialisation est l’émergence d’une société civile mondiale et d’une opinion publique mondiale qui émerge dès le début du XXè siècle pour s’opposer à la politique coloniale.
 


Cette émergence de la société civile s’inscrit certes dans le cadre des Etats mais a aussi des effets internationaux : elle soulève des problématiques sur le terme de l’humanitaire.
Dès 1863 apparaît un droit humanitaire avec la création du CICR (la croix rouge).
On a aussi des thèmes sur le désarmement, les droits de l’homme ou l’environnement.
Ces thèmes ont pour point commun la volonté de donner naissance à une société des individus par-delà les Etats (c’est le fonctionnalisme).
Autrement dit, la société des individus partagerait un destin commun et serait unie alors que la société des Etats serait unie par l’intérêt entre société souveraine.
 


2) La protection de l’environnement 

La convention de 1991 interdit la chasse en mer. En 70, on a des recherches sur les mécanismes régissant notre milieu.
On réalise qu’il faut mener des politiques de protection de l’environnement. 
La déclaration de Stockholm de 1972 est suivie par la convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine mondial culturel et naturel du 16 novembre 1972, convention qui sera à la base de la charte mondiale de la nature du 28 octobre 1982 puis enfin de l’agenda 21 approuvé le 26 juin 1992 lors du de la Terre de Rio de Janeiro.
 


Par ces actes émerge un droit de l’environnement qui est à caractère déclaratoire, c'est à dire qu’il y a une profusion de textes mais rarement appliqués et parfois difficilement applicables et un droit au contenu imprécis.
En effet, l’interprétation des règles se fonde sur un principe indéterminé et flou : le principe de précaution.
Autrement dit, c’est un droit mou car il manque une réelle volonté politique à appliquer ce droit et aussi par un manque de moyen mis à disposition des organes internationaux d’exécutions.
 


La notion de développement durable veut concilier économie et écologie afin de pouvoir satisfaire les besoins actuels et ceux des générations futures.
Il faut considérer le présent concret sans négliger l’avenir abstrait.
C’est un principe d’équité intergénérationnel. 
on trouve une application de ce concept de développement durable dans l’indicateur de développement humain (IDH) élaboré en 1990 par le programme des nations unies.
Cet IDH mesure le niveau de vie des populations à partir de critères non seulement quantitatifs (PIB/habitant) mais aussi qualitatifs (bien être, qualité de vie, éducation).
Il tient compte de l’espérance de vie à la naissance ou du taux d’alphabétisation et varie d’une échelle de 0 à 1. 


L’IDH peut être combiné à d’autres indices tels l’indice de participation des femmes (IPF) ou encore celui de l’inégalité potentielle entre les sexes (ISDH). 
La question environnementale devient centrale dans les relations internationales. La suffisance alimentaire et respect de l’environnement débouche sur le protocole de Kyoto qui est entré en vigueur en 2005 : il a pour but de renforcer la lutte contre les gaz à effet de serre (GES) qui provoquent une lésion de la couche protectrice qu’est la couche d’ozone. 
L’environnement est un domaine où le militantisme manifeste : les partis écologistes font pressions sur les politiques.
Depuis mars 2005, la France a inscrit la charte de l’environnement dans le préambule de la Constitution.
L’environnement est un droit de l’homme. 


Dans la plupart des Etats, il y a des partis écologistes qui sont des partis politiques qui participent aux gouvernements.
Ceci démontre que l’Etat demeure le cadre indépassable de l’action politique.
On peut dire que la diffusion des idées écologistes a une traduction institutionnelle notamment avec l’idée des ministère de l’environnement, ce qui n’était pas le cas avant. 


Les débats sur l’environnement font resurgir les antagonismes nord/sud.
On relève en effet que la globalisation écologique est perçue par les pays en voie de développement comme une ingérence dans les affaires intérieures.
Ces PVD dénient aux pays riches, grands pollueurs de l’écosystème, le droit de 
mettre en place des règles préjudiciables pour leur économie qui est leur seule arme de lutte contre la pauvreté endémique. 
Les pays du nord sont davantage tentés par l’exportation de leurs déchets que de leur retraitement.
C’est le problème du sud, poubelle des pays industrialisés.
Les problèmes écologiques deviennent sensibles avec l’accroissement démographique de la planète : on a le problème de l’eau. 
Malgré les progrès incontestables de la médecine, on un certain doute vis-à-vis de cette science.
 


C) La mondialisation culturelle 

La culture est le système de représentations, de valeurs, de règles de conduite et modes de vies propres à chaque société et qui permet l’affirmation de son identité ; la mondialisation affecte également les biens culturels selon le principe libéral de la culture comme marchandise : d’où une tendance à l’homogénéisation des comportements et attitudes. 
Cette mondialisation semble fondée sur un individualisme et une indépendance absolue des individus et également sur le primat accordé à l’économique et au marché.
 


Le problème étant que la culture est un instrument d’identité rassemblant des individus au sein d’une communauté ; c’est pourquoi cet universel véhiculé par la mondialisation culturelle devra composer voire entrera en conflits avec d’autres expressions de l’universel comme la transcendance religieuse (toute religion vise à l’universel) ou transcendance laïque (toute République laïque vise aussi l’universel).
Ainsi les réactions à cette homogénéisation culturelle planétaire prennent soit la forme de revendications identitaires parfois agressives soit la forme de protections renforcées des cultures nationales menacées par l’hégémonie culturelle américaine (débats au sein du GATT en 1994, puis de l’OMC en 1999 et l’OCDE en 1998 sur l’exception ou la diversité culturelle !).
 


Les nouvelles techniques d’information et de communication deviennent un instrument puissant de domination culturelle des Etats les plus nantis. 
Au sein de la société internationale existe un ensemble complexe d’appareils idéologiques transmettant de manière douce les valeurs dominantes (médias, cinéma, publicité, agences de presse...).
La communication rapproche et met fin aux distances géographiques ; certes, comme l’écrit D. Wolton dans son ouvrage Il faut sauver la communication, Flammarion, 2005, « chacun voit tout ou presque, mais la visibilité du monde ne suffit pas à le rendre plus compréhensible » : en d’autres termes la fin des distances géographiques renforce les distances culturelles entre les peuples.
C’est qu’en effet chacun est à un stade différent de développement économique, politique, social ; de plus le modèle occidental, notamment par ses succès économiques, semble aujourd’hui dominant ; et le paradoxe étant que plus ce modèle affirme sa domination plus ces différences seront visibles, d’où nécessité de respect de l’identité des peuples, il faudra davantage « d’efforts mutuels pour se tolérer et accepter de coopérer » (D. Wolton, Internet et après ?, Flammarion, 1999).
 


L’identité des peuples puise ses racines dans la tradition, l’histoire mais aussi parfois par opposition à l’Occident, et ici la religion paraît souvent le refuge de cette affirmation identitaire.
Dans ce nouveau contexte de pluralisme identitaire, le respect de l’identité des peuples devient un enjeu considérable, une question sensible (cf débat récent sur les caricatures visant l’identité des peuples musulmans : comment concilier liberté d’expression, si tant est qu’il s’agit ici d’une telle liberté et respect de l’identité d’autrui ?).
Le respect des différences culturelles, spirituelles ou religieuses deviennent des valeurs fondamentales dans notre monde de communication globale.
L’ouverture au monde de nos sociétés, par la rencontre d’autres cultures et d’autres sociétés, permet de prendre la mesure de notre ignorance et de nos préjugés. 


De nos jours , le rôle de la culture dans les relations internationales est soit perçue comme source de conflit (S. Huntington et le choc des civilisations) soit au contraire comme dialogue entre les peuples : « le dialogue fécondant des cultures » devant, selon Teilhard de Chardin, aboutir à l’émergence d’une « Civilisation de l’Universel » ; ou encore chez J. Habermas pour qui l’éthique démocratique, fondée sur la discussion, est commune à tous les groupes culturels, selon lui la culture est par définition ouverte à défaut de décliner voire de disparaître (d’où le thème du multiculturalisme ou métissage culturel) mais la culture est aussi à protéger face l’uniformisation rampante de la mondialisation (d’où le thème de l’exception culturelle). Double facette donc de la culture au plan international. 


En tout cas, l’uniformisation des comportements et modes de vie induit alors des réactions plus ou moins agressives. 
Le risque alors est celui d’une tendance à la dislocation, à la fragmentation de la société internationale.
 

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